Comment entamer la conversation

Parler de jeu et des éléments assimilables à celui-ci dans les jeux vidéo ne doit pas vous faire peur. Commencez par clarifier votre propre position sur le jeu chez les mineurs et les éléments qui influencent votre point de vue. Il est bon de comprendre que les jeunes courent un risque plus élevé que les adultes, puisque leur cerveau est encore en développement, en particulier les parties

qui régulent les impulsions et la prise de décision. Soyez prêt à poser des limites adaptées à l’âge de votre enfant et prévoyez des conséquences.

Voici quelques moyens pratiques d’ouvrir le dialogue :

  • Intégrez-le à votre quotidien

    Vous n’avez pas besoin d’un entretien formel. Abordez le sujet de manière naturelle, par exemple, pendant une publicité pour une application de paris, lorsque vous regardez un match ensemble ou si votre adolescent mentionne l’achat d’un jeu vidéo.

    Exemple : « J’ai vu une pub pour des paris sportifs pendant le match. Est-ce que tes amis et toi avez déjà eu envie d’essayer ça? »

  • Posez des questions ouvertes

    Au lieu de faire la leçon à votre jeune, posez-lui des questions qui l’invitent à faire part de ses réflexions et de ses expériences.

    Exemple : « Que penses-tu de toutes ces publicités sur les paris sportifs? Connais-tu quelqu’un qui en fait? »

  • Écoutez sans juger

    Si votre adolescent s’ouvre, écoutez plus que vous ne parlez. Évitez de réagir par la colère ou la panique, qui risquent de couper court à la conversation. Montrez-lui que vous êtes une personne à qui l’on peut parler ouvertement et sans jugement.

  • Partagez les faits, pas la peur

    Aidez votre adolescent à comprendre les risques de manière claire et factuelle. Expliquez-lui comment fonctionnent les jeux de hasard (les chances sont toujours en faveur de la maison), comment ils peuvent affecter la santé mentale et les relations personnelles, et la raison pour laquelle ils sont interdits aux mineurs.

  • Établissez des attentes claires

    Définissez clairement les valeurs et les règles de votre famille en matière de jeu. Expliquez-lui ce qui vous inquiète et les comportements qui sont inacceptables.

Adoptez un comportement et un langage sains

Les jeunes apprennent autant de ce que vous faites que de ce que vous dites (Afifi et coll., 2016). Soyez attentif à vos propres habitudes de jeu et à la façon dont vous en parlez. Si vous achetez des billets de loterie, jouez au poker avec des amis ou faites des paris sportifs, précisez à voix haute vos limites et votre processus de décision.

Exemple : « J’achète un billet de loterie pour le plaisir, mais je me suis fixé une limite de 5 dollars. Je sais que les chances de gagner sont très faibles; c’est juste un divertissement, pas un moyen de gagner de l’argent. »

Évitez de glorifier les gains du jeu ou de normaliser les pertes en les considérant comme « rien de grave ». Au contraire, il faut envisager le jeu de manière réaliste, c’est-à-dire comme une forme de divertissement qui coûte de l’argent, et non comme une stratégie financière. Si un membre de votre famille a eu des problèmes de jeu, profitez-en pour apprendre à votre jeune à reconnaître les signes précurseurs et à demander de l’aide.

Faites attention à votre langage. Évitez les termes péjoratifs, tels que « accro » ou « joueur compulsif », lorsque vous parlez des personnes aux prises avec ce problème. Utilisez plutôt un langage centré sur la personne, comme « quelqu’un qui souffre de problèmes liés au jeu ». Vous réduisez ainsi la stigmatisation et permettez à votre adolescent de se tourner plus facilement vers vous s’il est inquiet pour lui-même ou pour un ami.

Exemple : « Ton oncle Marc a traversé une période difficile avec le jeu, mais il a reçu de l’aide et il va mieux maintenant. C’est important de savoir reconnaître quand quelque chose cesse d’être amusant. »

 

Afifi, T. O., Nicholson, R., Martins, S. S., & Sareen, J. (2016). A longitudinal study of the temporal relation between problem gambling and mental and substance use disorders among young adults. Canadian Journal of Psychiatry, 61(2), 102-111. https://doi.org/10.1177/0706743715625950